Portrait de Yannick Boulain président de l'ASVHG

 

1) Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai été joueur de foot jusqu’à l’âge de 40 ans. J’ai commencé à Vignoc jusqu’à 18 ans puis je suis parti à Tinténiac (en DRH à l’époque) Je suis passé par le CPBNO (en DH à l’époque), puis Saint-Malo (souvent en DSR) pendant 2 ans avant de revenir à l’ASVHG.

Je n’ai connu ni montée ni descente dans mon parcours de joueur mais j’ai beaucoup appris des montées promises et non réalisées et des descentes évitées de justesse.

Autrement, je suis enseignant en collège (Education physique et sportive) et à l’université (sciences de l’éducation). La question éducative est centrale dans ma réflexion professionnelle et sportive.

 

 2) Depuis combien de temps es-tu président du club ?

Je commence ma 3ème année et fais suite à 2 présidents qui m’ont marqué et aidé dans ma fonction: Pierrick Jan et Elian Réhault.

 

3) Depuis combien de temps es-tu présent au sein du club?

Une vingtaine d’années! Cela ne me rajeunit pas vraiment!

 

 4) En tant que président, quelles sont tes fonctions au sein du club?

Une triple fonction: 

. Humaine en faisant en sorte que les différents acteurs du club avec des tâches et des rôles très différents mais très importants puissent se sentir écoutés et éprouver ce sentiment d’appartenance vital dans une organisation: «construire une grande famille et se serrer les coudes ! ».

. Organisationnelle à travers la mise en place de rouages qui permettent à chacun, chacune de pratiquer leur sport favori dans des conditions satisfaisantes toute l’année.

. Stratégique, en prenant le temps d’imaginer notre club dans un horizon à moyen terme afin de se poser les bonnes questions qui deviendront les axes de notre projet éducatif.

 

5) Quelles sont tes objectifs pour le club ?

- Avancer dans la formation pour que nos jeunes joueurs puissent intégrer toutes les équipes seniors, sans oublier de répondre à l’essor du football féminin. C’est le rôle de notre commission technique sous la houlette de Philippe Poher et Johann Bazin.

- Réussir à présenter 2 équipes seniors au niveau ligue pour permettre une saine émulation.

 - Construire des tribunes sur le nouveau terrain synthétique pour permettre aux parents et spectateurs de suivre leurs enfants et leurs équipes, et créer un foyer spécifique à l’ASVHG pour que toutes les générations puissent vivre des après-matchs et des « en dehors des matchs » ensemble.

 

6) En tant que président quelles sont les valeurs que tu transmets à l'ensemble du club ?

Je crois sincèrement que la façon dont on fait pratiquer une passion – (que ce soit une passion sportive, musicale, théâtrale…) à un enfant, un(e) adolescent(e) et un adulte peut avoir des effets considérables sur la construction de ce que j’appelle « les lois intérieures » de chacun. Ces « lois intérieures », celles avec lesquelles on ne peut pas tricher, s’inscrivent dans 3 rencontres : avec soi-même (gestion du stress, capacité d’analyse…), avec l’autre (capacité à comprendre autrui, à prendre des initiatives comprises par tous…), avec la règle (comprendre l’importance de faire avec la loi pour éviter la pulsion de l’immédiateté, inventer des règles intelligentes pour que les individus puissent tenir ensemble…).

A partir de ce constat, les valeurs apparaissent plus facilement : solidarité, empathie, intériorité… autant de notions qu’il est important de faire vivre au sportif dans des contextes particuliers (une situation pédagogique, notre stage à Arzon, un retour filmé de match, une mise en valeur d’un talent lors de notre soirée des Talents, un entretien avec un joueur pour donner du sens à des décisions…).

Notre projet sportif visible sur notre site tente de mettre en vie, concrètement, ce qui correspond intimement aux valeurs du club. C’est un travail et une réflexion de tout moment et c’est ce qui fait la richesse de notre engagement.

 

7) Je te sens attaché au club, d'où te viens cette passion-amour pour l'ASVHG ?

Ce n’est jamais facile de répondre à cette question qui touche à l’intime et à sa subjectivité. Je pense que cette passion pour le foot incarnée à l’ASVHG s’inscrit dans les nostalgies de l’enfance lorsque j’allais, avec un plaisir indicible, voir un match de foot à Rennes avec mon père ou bien lorsque je prenais mon vélo pour rejoindre à toute vitesse le terrain de foot de Vignoc, parfois rester seul ou bien faire une partie de foot avec les copains… Comme une petite madeleine chère à Marcel Proust !

Observer un match de gamin(e)s est toujours un vrai plaisir pour moi.

 

8) En un mot, comment décrirais-tu le club ?

Je le vois à travers un mélange de caractères : quasiment professionnel à certains moments (nos AG le prouvent), vraiment éducatif, avec beaucoup de cœur.

 

 

9) Le projet du synthétique te tient à cœur, pour quelles raisons ?

 

La construction du synthétique ne provient pas d’un désir narcissique, un gadget à la mode. Nos hivers sont très pluvieux, nos infrastructures sont insuffisantes au regard du nombre d’adhérents et de la qualité que nous voulons donner à la pratique de notre football. A l’heure actuelle, nous gérons week-end après week-end en fonction de la météo, louons des synthétiques, annulons des matchs, des entraînements… Autant de facteurs qui limitent la puissance éducative d’une pratique qui demande de la continuité. Avoir un synthétique, respectant les normes environnementales, doit nous permettre un saut qualitatif dans la pratique et une gestion adaptée aux conditions météorologiques, donc un plus grand confort et moins de frustrations pour les dirigeants des équipes.

Je remercie vivement les maires des 6 communes (Vignoc- Hédé/Bazouges, Guipel, Langouët, Saint-Gondran, Saint-Symphorien) qui ont œuvré à l’élaboration et à la future construction de ce synthétique à Vignoc sur l’ancien terrain d’entraînement. Les travaux doivent commencer en avril.

 

 

10) Une soirée intergénération est organisée tous les ans, peux-tu nous expliquer le but de cette soirée et son déroulement ?

 

Notre vie sociale en général manque de repères. Le club doit donc inventer des moments forts pour favoriser les liens, apprendre à se connaître. La soirée intergénération s’inscrit en début de saison dans le but d’avoir toutes les générations réunies (des U6/7 aux vétérans), avec les parents, les bénévoles et les éducateurs afin de construire un « premier bonjour » entre nous tous. Les équipes sont donc constituées à travers des joueurs et joueuses d’âge différent autour d’un capitaine d’équipe, un senior, qui doit faire le lien.

 Nous étions au moins 400 personnes réunies l’année dernière !

 

 

11) Quelles sont les moments les plus marquants que tu as véccus depuis que tu es au club ?

 

Il y en a plusieurs… je pense à l’évènement de la pratique féminine avec Ludovic et Hélène dans notre club ; je pense aussi à ce long moment pour sortir l’équipe fanion du championnat départemental (en 2006 !), de toutes ces accessions qui ont suivi, de ce 64ème de finale de coupe de France contre Quimperlé, devant plus de 2000 spectateurs, et de cette montée inespérée dans l’élite régionale de la R1 cette année. Je n’oublie pas la dernière fête des Talents vraiment réussie et les pièces de théâtre, avec Jean-Pierre Fantou aux commandes, offertes à tous nos bénévoles et sponsors du club.

Il est important d’avoir continuellement conscience de tous ces moments forts qui nous aident à savoir d’où l’on vient pour rester humble dans notre engagement. Je mets cette réflexion en perspective avec les discussions entre collègues d’autres associations qui éprouvent si souvent de la frustration et de l’amertume au regard de ce qu’ils font bénévolement. Cependant, cette chance qui nous entoure depuis une bonne dizaine d’années n’est pas due au hasard ! Notre devise l’incarne : « Le meilleur est avenir »… à condition de le préparer et d’y croire !

 

 

12) T'inspires-tu d'autres clubs ou dirigeants pour faire grandir l'ASVHG ?

 

J’essaye, avant tout, de « réfléchir le club » en ayant bien en tête ses forces et ses faiblesses.

J’ai beaucoup apprécié la période où j’étais capitaine au CPBNO avec Jean-Yves Leseure comme entraîneur. Il y avait un côté professionnel dans la gestion sportive des équipes et un souci de mettre en valeur la dimension humaine au sein d’une pratique collective. Avec Johann, Sébastien, Franck, Fabien, tous nos éducateurs, nos responsables de commissions, nos bénévoles de l’ombre, nous construisons une personnalité à notre club et c’est cela le plus important.

 

13) Mis à part l'ASVHG as-tu un club préféré ?

 

A vrai dire, je suis le foot professionnel de très, très loin et je n’ai plus de repères ni de références. Je me souviens, malgré tout, du jeu de Barcelone au début de son ère, c’était un régal !

 

14) Un joueur préféré ?

 

Laurent Pokou lorsqu’il jouait au stade rennais quand j’étais enfant.

J’ai l’impression que je suis plus impressionné par les joueurs de devoir, qui travaillent dans l’ombre tout en analysant instantanément leur placement et son anticipation… Mon regard a souvent été fixé par des joueurs comme Didier Deschamps, Steven Gerrard, Andrea Pirlo, ou Luka Modric (dans un autre registre).

 

15) En dehors du football quelles sont tes passions (ton dernier livre, ton dernier film, ton dernier album…) 

 

Je lis tout le temps et plusieurs livres à la fois. Je suis en train de relire « Taxi mauve » de Michel Déon et « Tu n’es pas revenu » de Marceline Loridan-Ivens qui vient de décéder. Je n’oublie l’humour corrosif de Pierre Desproges que sa fille vient de remettre en valeur dans un beau livre « Desproges par Desproges ». Mon auteur préféré est Charles Juliet, un écrivain de l’intériorité.

Mon dernier film : « Une année polaire » de Samuel Collardey. Ce film retrace l’histoire du premier poste d’un instituteur dans un village isolé au nord du Groënland… Magnifique.

Mes musiques : Joy Division, Dead can dance, Cocteau Twins… pour mes années adolescentes ; Arvo Part, Wim Mertens comme musique contemporaine, et un faible pour un groupe islandais découvert il y a quelques années : Sigur Ros… Une vidéo à regarder jusqu’au bout : Olsen, olsen…

 

Je pense que tous ces groupes ne signifient pas grand-chose pour tous nos footeux. Ces groupes sortent des sentiers battus mais je pense qu’il est important d’avoir toujours un regard vers de nouveaux horizons et de mettre les pieds dans les chemins de traverse.

 

 

16) Un dernier mot ?

 

On n’en finit pas de devenir footballeur, footballeuse, homme et femme !